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mardi 1 mars 2016

Une journée avec André Stern

André Stern

Le 11 novembre dernier j'ai eu la chance de passer la journée en atelier - conférence avec André Stern, celui-là même qui a écrit

...et je ne suis jamais allé à l'école

Voilà quelques points qui me semblent essentiels dans tout ce que j'ai pu entendre ce jour là sur ce qu'il appelle "l'écologie de l'enfance" :

Equipement de base de l'humain :

1. Le jeu

C'est LE dispositif d'apprentissage idéal, c'est le suc digestif intellectuel.
C'est aussi la seule membrane entre l'imaginaire et le réèl.
C'est aussi notre dernière liberté.

C'est donc un processus essentiel, qui devrait être non seulement conservé, mais aussi préservé et encouragé !

2. L'enthousiasme :

C'est l'engrais du cerveau. Dans le crâne d'un enfant de 2 ans, c'est une tempête d'enthousiasme toutes les 2 à 3 minutes... dans celui d'un adulte c'est 2 à 3 fois PAR AN !!!

Nous ne pouvons apprendre de façon durable que dans l'enthousiasme.

Ce qui lutte contre l'enthousiasme : 

  • la hierarchie (de matière scolaire, de métiers, de gens, d'adulte à enfant) 
  • les MENES : ce sont ces gènes sociétaux, transporté de génération en génération, et rarement remis en cause.
L'enthousiasme, c'est seulement contagieux

3. L'empathie / l'ouverture d'esprit

Elle est innée chez l'enfant. Voir l'expérience des formes géométrique menée par l'Université de Yale menée sur des enfants de 6 à 10 mois qui démontre clairement que les bébés préfèrent les "gentils" :
http://campuspress.yale.edu/infantlab/media/

4. Aller vers le monde

Lorsqu'il se sent en sécurité, l'enfant va naturellement dans le vaste monde, comme le répète souvent André. Aller vers le vaste monde, c'est ce qui va permettre à l'enfant de se nourrir intellectuellement et émotionnellement, c'est ce qui va le construire. Et non seulement cela va le construire lui, mais cela va changer la vie des gens qu'il va se mettre à admirer ou à questionner.

Ce qui peut arriver de pire :

C'est de rester enfermé avec ses parents ou de se sentir exclu d'un groupe (celui auquel on a envie d'appartenir notamment...)
L'enfant a besoin d'aller vers le vaste monde, que cela soit accompagné de ses parents quand il est tout petit, confié à un tiers, ou de ses propres ailes ensuite !

Pour finir, je trouve que cette phrase résume parfaitement l'état d'esprit de cette journée :

“Les enfants ne sont ni des vases à remplir, ni un feu à allumer : ils sont un foyer incandescent à ne pas éteindre.”
André Stern.

Donc quand souvent nous nous demandons : qu'est ce que je pourrais faire pour mon enfant, nous ferions mieux, parfois de nous demander "qu'est ce que je pourrais arrêter de faire pour mon enfant" !
Suite à cet atelier, nous avons visionné le film Alphabet que je vous recommande :
http://www.alphabet-film.be/fr/


Je vous souhaite beaucoup de jeu et d'enthousiasme dans votre vie :-) !!!

lundi 14 décembre 2015

L'allaitement long expliqué à mon psy (2)

L'allaitement long pas seulement 




J'ai pris le temps de lire le livre d'Agnès Vigouroux que je vous présentais dans un article précédent.

Au départ, je dois dire que j'ai été un peu rebutée par le langage très psy justement des premières pages. Mais c'est finalement très finement qu'Agnès démonte une à une les "légendes urbaines" de nos psychologues / voisins / belle-mère préférés.

Elle y parle de Freud, et de sa vision de l'allaitement, vision très charnelle et qui pourrait être interprétée comme "mauvaise". Mais elle souligne aussi que dans certains de ses écrits Freud parlait de l'allaitement du bambin, quand ses dents poussent... l'allaitement du bambin et du jeune enfant était donc naturel pour Freud. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les biberons en étaient encore à leur balbutiements ...


Je suis très enthousiaste sur ce livre, car j'y ai aussi appris des choses sur la physiologie, comme l'âge du sevrage naturel - entendre physiologique - (par comparaison avec les autres peuples sur terre qui le pratiquent, ceux qui l'ont pratiqué par le passé, et les mammifères dans leur ensemble). Elle indique donc que le sevrage naturel se fait entre 5 et 7 ans, ce qui s'est passé finalement chez nous, du moins pour les deux aînés. Non négligeable également, j'ai appris que l'OMS avait produit en 2006 de nouvelles courbes de poids qui englobait les enfants allaités et faisait même d'eux "la référence santé" ! (petit message subliminal à tous ceux et toutes celles dont les enfants ne rentrent pas dans les courbes du carnet de santé français !!)

En lisant ce livre, j'ai aussi découvert quelque chose de stupéfiant qui me semble essentiel au sujet de l'accouchement. Et c'est finalement logique quand on y réfléchit avec le bon sens : lors des minutes qui suivent l'accouchement, il est coutume dans nos hôpitaux modernes de laver, peser, mesurer le bébé, voire même de le mettre 'au chaud' sous une lampe chauffante s'il est jugé avoir été un peu fatigué (!) par cette naissance. Rendez-vous compte à quel point on vole des instants précieux ! Non seulement le lien d'attachement est impulsé par les premiers moments passés avec ce petit être en peau à peau, mais la maman qui n'a pas son bébé sur son ventre à ce moment là va voir monter en elle le processus physiologique du deuil : en effet, pour un mamifère, si la maman n'a pas son bébé contre elle après l'accouchement, c'est qu'il est mort !! Il est donc suspecté que le baby blues, les problèmes d'attachement, le lien olfactif qui s'ensuit soit endommagés et qu'il faille ensuite un temps variable pour que le corps de la mère cesse d'être "physiologiquement en deuil" !!

Et puis il y a quelque chose d'important qui revient souvent dans ce livre : l'allaitement d'un enfant n'a rien à voir avec l'allaitement d'un nourrisson. Je souris en imaginant ma fille de 2 ans et demi téter tous les trois quarts d'heure comme elle le faisait à la naissance. Aujourd'hui elle tête souvent assise ou debout, ou en faisant des acrobaties d'ailleurs, seulement deux à trois fois par jour. Elle a mis en place ses petits rituels, moi aussi, ça n'a vraiment plus rien à voir. Je peux aussi lui refuser des tétées, lui demander d'attendre...

L'allaitement est une relation, il évolue au cours du temps. 
Je peux comprendre qu'on s'offusque si l'on imagine un grand de 5 ans téter comme un tout petit bébé... (à ce propos vous pouvez allez voir cet article sur la une du Times du 10 mai 2012)



Enfin Agnès assène un grand coup dans la fourmilière, en dénonçant le fait que selon la psychologie actuelle, si un enfant est laissé au sein, il reste bloqué dans ses apprentissages, et que ce serait grâce au sevrage que les parents le "pousseraient" d'un niveau d'apprentissage à l'autre. Comme si les enfants de 3 ans qui tètent encore ne pouvaient pas apprendre à marcher, à parler ou à manger seul !! Vu sous cet angle j'ai pu sentir à quel point cette idée était loin de la vérité physiologique des enfants.

Allaiter un enfant, ce n'est pas l'empêcher de grandir, c'est l'accompagner dans son autonomisation.

Alors oui, ce livre peut vous permettre d'avoir un belle assise quant aux demandes et aux questionnements de votre entourage. Il peut vous permettre d'avancer des arguments convainquants, construits et montrant que vous vous êtes penché sur la question.

Il faudra bien qu'il arrête quand même !


J'aimerais, pour finir, vous parler de la justification dont on fait justement notre bouclier protecteur, la plupart du temps, quand on a un mode de vie différent de notre entourage. Que cela soit pour l'allaitement, le mode éducatif, l'alimentation... tous ces sujets qui nous tiennent à coeur et qui éveillent des peurs et de la méfiance chez nos proches.

D'abord, est-on réellement entendu quand on commence une grande tirade du "mais-si-allaiter-c'est-bien-c'est-ce-qu'il-y-a-de-mieux-pour-mon-bébé-parce-que-le-lait-maternisé-c'est-du-lait-de-vache-c'est-pas-adapté" ?


Quand quelqu'un me pose une question qui me dérange :
- "Tu ne crois pas que ton fils est un peu efféminé parce que tu l'as allaité si longtemps ?"
- "Mais il faudra bien qu'il arrête un jour quand même, non ?!"
Voici le petit processus que j'ai mis en place : quand une remarque me chatouille, quand je sens la colère qui monte, ou la peur, quand je me dis "non mais quand même quel culot !", quand je n'ai qu'une envie c'est justement de déballer tout mon savoir pour faire taire l'autre, pour lui prouver que non je ne fais pas n'importe quoi, j'essaie de me taire.

Oui car la "normalité", les voies "naturelles", la "physiologie", c'est bien moi qui m'y suis penchée dessus, et qui en ait déduit un mode de vie que je pense être le plus "naturel" possible, avec les moyens qui sont actuellement à ma disposition. C'est bien moi qui suis normale, et c'est eux, ceux qui questionnent ma façon de faire, qui ne sont pas dans le "normal". Ils sont plutôt / souvent dans la sacro-sainte tradition, dans le "c'est comme ça qu'il faut faire / qu'on a toujours fait / que mes parents ont fait et je n'en suis pas mort", dans la reproduction passive sans questionnement.

Alors, plutôt que de me sentir attaquée, d'être sur la défensive, j'essaie d'être dans l'empathie, et je questionne à mon tour.
- "Ah bon, tu ne fais pas comme ça toi ?"
- "Tu penses qu'un enfant de 2 ans ne devrait pas téter ?"

J'enclenche le starter "Écoute active" et j'essaie de me connecter.
Je questionne et j'écoute, et je questionne encore jusqu'à ce que la personne en face, ce proche que j'aime, et qui probablement m'aime et me pose ses questions pour me faire part de son inquiétude somme toute légitime, déroule le fil de son argumentaire. Jusqu'au moment où, convaincue du bien fondé de sa peur, j'intègre sa remarque et je revois ma pratique, ou, la plupart du temps, au moment où il arrive à se contredire lui-même / exprime la peur qui se cache derrière et finalement l'amour qu'il a pour moi.

Ce n'est qu'arrivés à ce point, quand l'inquiétude est exprimée, quand l'argumentaire est épuisé, que je sors ma carte scientifique/physiologique/pratique pour le rasséréner. Et c'est d'ailleurs souvent les oreilles grandes ouvertes, puisqu'il a pu aller jusqu'au bout de sa réflexion et qu'il a été entendu, que mon auditeur reçoit le message et que la graine est (je l'espère) bien plantée.


Il ne s'agit pas de convaincre par la parole, mais par les actes. Donc souvenez-vous, quand on vous asticote sur les valeurs qui sont les vôtres, de poser à votre tour une question.

Nous n'avons pas à justifier nos pratiques ! Mais nous devons les partager pour les propager :-).

mardi 23 juin 2015

L'allaitement long expliqué à mon psy

Il y a quelques temps, Agnès m'invitait à participer à un témoignage sur l'allaitement long.
Ce que j'ai fait avec joie. L'allaitement et moi c'est une longue histoire, puisque depuis bientôt 10 ans, jour après jour, je nourris de mon lait de petites bouches affamées.



Et en 10 ans, j'en ai entendu sur l'allaitement ! Des réflexions, des consternations et beaucoup d'inquiétudes aussi, quant à ma santé, celle de mes enfants, leur santé mentale, leur "déviances probables" mais aussi leur capacité future à sortir du giron maternel.
Les réflexions les plus virulentes ont été faîtes par le corps médical. Qui voulait pour toutes sortes de raisons que j'arrête d'allaiter mes enfants. J'ai connu une psychologue qui m'a parlé de Freud et de cette relation trop fusionelle que j'entretenais avec mon aîné. J'ai même vu un médecin proche de la retraite me dire que "dévoiler ses seins en public était particulièrement indécent, surtout alors que mon fils allait avoir un an" (!)

Campagne pour l'allaitement en public

Car oui, plus l'enfant est vieux, plus il est difficile de l'allaiter en public.
A ce propos, j'ai aussi allaité aux États-Unis, sous un drap d'allaitement, comme il est coutume là-bas :



Toutes ces remarques et contraintes sociétales contribuent à l'arrêt de nombreux allaitements aujourd'hui. Pour l'avoir vu autour de moi, et l'avoir senti parfois, un allaitement contrarié, un sevrage trop précoce, pour la mère comme pour l'enfant, peut être lourdement préjudiciable pour la suite de leur relation. Car la femme peut perdre une partie de sa confiance en sa capacité à être mère.

Pour pouvoir faire face aux inquiétudes de mon entourage et aux petits soucis que l'on peut rencontrer lors d'un allaitement, pour répondre aux questions que j'avais, notamment sur le co-allaitement, je me suis tournée vers les nombreuses ressources existantes :

J'ai eu la chance de participer à des groupes de parole de femmes allaitantes, où nous nous apportions mutuellement du soutien. A Toulouse, nous avons la chance d'avoir une sage-femme conseillère en lactation, prête à nous recevoir au moindre problème : Régine Prieur.
Elle a d'ailleurs rédigé un livret sur l'allaitement : Travail et allaitement

J'ai également donné du lait au lactarium de Marmande, pour les enfants prématurés dont la maman ne peut, pour un temps, leur donner son propre lait. Une personne vient chercher les biberons remplis et congelés toutes les semaines directement chez les "donneuses".

J'ai recueilli mon lait sur mon lieu de travail, pour pouvoir le donner à l'assistante maternelle qui gardait ma progéniture. J'ai loué pour cela un tire-lait électrique, remboursé par la sécurité sociale, sur le site Grandir Nature : http://www.grandir-nature.com. Ce site est extrêmement bien fait, des conseillères compétentes vous répondent, le matériel a été testé et est adapté, et les envois sont fait rapidement.

Nous avons également la chance de pouvoir compter sur un réseau soutenant et gratuit, la Leche League, avec leur site fourmillant d'une documentation à jour et bien fournie : http://www.lllfrance.org.

Quand je regarde mes enfants aujourd'hui, je sais que je leur ai donné le meilleur. Je suis sure d'avoir fait le bon choix pour ma famille. C'est pourquoi je me réjouis de lire le livre d'Agnès Vigouroux.

Ce livre donnera aux mamans qui le souhaitent la force de conviction et la sécurité intérieure pour poursuivre leur allaitement, quelque soit le climat familial et médical dans lequel elles évoluent.


L'allaitement long expliqué à mon psy, Agnès Vigouroux

Un livre à s'offrir et à offrir autour de soi quand on allaite.

mardi 17 février 2015

Il me cherche !

Aujourd'hui j'ai eu le plaisir d'écouter Isabelle Filliozat via le site Apprendre à éduquer qui publie chaque semaine des articles très intéressants.
Dans cette interview de Sud radio, Isabelle présente la trame de son nouveau livre "Il me cherche".



Pour les parents d'enfants entre 6 et 11 ans, comme moi, je pense que ce bouquin va être une mine d'information ! Ce qui le différencie des autres livres sur l'enfance, c'est qu'Isabelle met un point d'honneur à expliquer le fonctionnement neuronal des enfants et donc montre comment s'adresser à ses enfants pour, par exemple, capter leur attention.

Je vous laisse donc en bonne compagnie :-)
 

jeudi 8 janvier 2015

Au dodo les petits !

"Qu'il ne fasse pas ses nuits ... à la rigueur, mais qu'il nous laisse faire les nôtres !"
Guide de survie à l'usage des parents

Voilà un moment où il est bien difficile de rester "bienveillant" : au moment du coucher.
Votre enfant ne dort pas ? Il est fatigué, ronchon le soir ? Il mange peu ou mal ? Le repas du soir est une vraie calamité ?

Vous souhaitez qu'il s'endorme en 5 minutes, autour de 20h et se réveille le lendemain à 7h frais et dispo sans vous avoir dérangé une seule fois la nuit ? 
Vous avez envie d'un enfant en pleine forme la journée, qui mange, le teint frais et la mine réjouit ?
Et surtout vous cherchez à rester bienveillant, sans élever la voix, sans le laisser pleurer seul, sans même peut-être renoncer au co-dodo qui vous est cher et sans utiliser de sirop dors-bien, hein, ni de tranxène ...
Bon et puis, fait non négligeable : vous voulez dormir vous aussi. 


Que votre enfant soit petit ou grand, vous avez peut-être cliqué sur le bon lien. 

Chez nous, nous avions essayé beaucoup de choses :
Avec l’aîné, quand il était tout petit, ce fut de le laisser pleurer, sur les conseils de notre entourage. Au bout de trois quart d'heures horribles et d'un gros vomi (literie à changer, pyjama, etc) nous avons récupéré un enfant complètement paniqué et absolument pas près à dormir et des parents jurant qu'on ne les y reprendrait plus. Il a finalement fait ses nuits à 6 mois, ce que, à l'époque, je trouvais tard (rire).
Avec le second nous avons "lâché-prise" et consolé, câliné, usé notre énergie à force de peu de sommeil. Il a dormi de vraies nuits (c'est à dire 3 nuits d'affilées de 20h30 à 7h sans aucun réveil) à 5 ans, c'est à dire 2 semaines avant la naissance de sa sœur. Je me souviens de périodes où il se réveillait chaque nuit au moins 4 fois. Nous avons testé plein de méthodes douces, et nous nous sommes relayés. Nous avons tenu, à la force de notre mental.
Avec la petite dernière, au bout d'un an et demi sur ce rythme, je voyais bien que nous ne pourrions pas aller plus loin sans faire de vrai dégâts familiaux.

Clairement nous avions un problème. Mais vu le besoin (voir plus haut), les méthodes ne sont apparemment pas légions...

J'ai d'abord été tentée par la méthode Pantley, avec son livre "Un sommeil paisible et sans pleurs". 
Synthétiquement, il s'agit de 
- établir un planning (ce que l'on souhaite)
- utiliser un rituel du coucher avec apaisement de l'ambiance le soir avant d'aller au lit
- noter assidûment sur une fiche les différents heures de réveil nuit et jour et les rituels utilisés.
- à chaque réveil, rendormir son enfant de la méthode la moins proche de vous, et si ça ne fonctionne pas, le rapprocher (par exemple bercer son bébé, s'il ne s'endort pas au bout de 20 minutes ou si ses pleurs augmentent le mettre au sein / le caresser dans son lit, s'il ne s'apaise pas le bercer / etc). Ne pas le laisser s'endormir tout à fait et le poser dans son lit juste avant. S'il pleure à nouveau, recommencer, etc...
- voir la quantité de sommeil de son bébé augmenter grâce aux fiches, tous les 10 jours.

Cette méthode n'a pas fonctionné chez nous pour plusieurs raisons :
- la principale, c'est l'épuisement et l'envie de voir mon bébé se rendormir vite vite. 
- avec trois enfants, l'ambiance du soir est toujours festive. C'était impossible pour nous, sans mettre les deux grands en pension, d'avoir une ambiance calme.
- le temps qu'elle prend et surtout la durée. 

Et puis, merveille des merveilles, nos amis Alexandre et Elsa nous ont mis entre les mains ce bouquin : "Au dodo les petits" d'Anna Wahlgreen. (Oui d'ailleurs, je n'oublie pas de vous le rendre, non non). C'était le 2 novembre 2014 exactement.


Ça semblait trop beau pour être vrai.  

Et pourtant, nous sommes passés de :
  • un endormissement en minimum une heure et demie (20h30 - 22h), en restant allongé près de notre enfant
  • quatre réveils nocturnes dont un avant minuit, rendormie au sein systématiquement.
  • un réveil final vers 6h
  • une sieste de 30 minutes à une heure maximum
(soit 8h à 9h de sommeil par jour à 20 mois)
à
  • un endormissement en 15 minutes (voire 2 minutes quand le second reste dans la même pièce à dormir avec elle) à 20h30
  • plus aucune soirée avec réveil dès le début 
  • des nuits jusqu'à 7h30 avec 1 seul réveil rendormie facilement (en général)
  • un arrêt complet de l'allaitement nocturne sans problème
  • une sieste de 1h30 avec parfois un réveil au milieu.
 (soit 12h30 de sommeil par jour aujourd'hui à 22 mois)

Et ce rythme a pu reprendre normalement après une roséole et une grippe (40° pendant 3 jours).

Le plus : à présent n'importe qui peut l'endormir, et n'importe où pour peu qu'on respecte l'horaire.

Franchement, nous revivons. Nous étions tous épuisés. Et puis pouvoir passer des soirées en amoureux, sans être dérangés, sans stresser, et sans garder le babyphone à proximité... j'en ai révé, Anna l'a fait !

Alors vous allez me dire, mais comment fait-on ?

D'abord, il faut se procurer le livre, directement sur le site d'Anna (je ne l'ai pas trouvé en vente ailleurs à un prix raisonnable). Livraison comprise cela revient à 25.18€.

Ensuite il s'agit de le lire et le relire (personnellement je l'ai lu 3 fois en un mois).

Voici ce qui me semble être les fondations de la méthode (des découvertes pour moi) :

La sécurité

Un petit chat appelle fort sa mère. Sa mère vient et l'emporte dans sa gueule. Quel a été son ressenti de chaton ? "J'ai senti un danger, maman est venue, elle m'a sauvé."
Un bébé pleure dans son berceau. Sa mère vient et le prend dans ses bras. Quel a été son ressenti d'enfant ? "J'ai senti un danger, maman est venue, elle m'a sauvé."

L'enfant assimile rapidement son lit à un lieu dangereux, puisque maman ou papa vient toujours le "sauver" . 
Cette vision des choses a été capitale dans ma façon de gérer l'endormissement. Car il est bien évident que le lit de notre enfant n'est pas dangereux ! Il est normal et compréhensible qu'un enfant seul dans une chambre sombre prenne peur, mais il n'est pas normal que nous leur laissions croire qu'ils sont effectivement en danger ! Notre job est bien de leur faire sentir que tout va bien au contraire, non seulement à travers nos mots, mais aussi par nos actes.

L'attitude d'évidence

La nuit rien ne se passe. C'est l'attitude qui garantie la sécurité à l'enfant. Quand on est convaincu que la nuit on dort et que rien d'autre ne peut arriver, lorsque l'on est calme nous même, alors l'enfant peut trouver son sommeil lui même et dormir paisiblement. Et se rendormir seul quand il se réveille, puisqu'il est en sécurité dans cette chambre.

Les besoins de sommeil

Dans le monde de "l'alternatif" depuis longtemps, j'avais fini par me convaincre qu'un enfant qui ne dort pas, c'est un enfant qui n'a pas sommeil. Et que ma fille était une "petite dormeuse".
J'ai découvert, en comparant son temps de sommeil avec ce qui est prévu dans les livres qu'il manquait à ma fille près de 4h de sommeil par jour.
Comment un enfant peut-il se développer convenablement dans de telles conditions ?

Des bénéfices collatéraux inattendus

Dans son livre, Anna explique qu'un enfant qui dort mieux va tout d'un coup voir son appétit augmenter, ses acquisitions faire un bond, sa croissance s'accélérer. Cela semble des plus logique et nous avons pu le vérifier (ainsi que "le rose au joue" dont elle parle également).
Elle indique aussi, et là j'étais plus sceptique, qu'un enfant qui commence à dormir correctement va tomber malade, car son corps, trop fatigué jusqu'alors pour faire son travail d'élimination, va tout à coup avoir de l'énergie pour faire une grosse fièvre. Nous avons pu aussi le vérifier ! Roséole, grippe = petites nuits, petits appétits...
Et enfin, encore plus étonnant, des parents qui dorment tout à coup des nuits entières vont être en mode zombie pendant deux à trois semaines. Là je pense que c'est notre entourage qui pourrait témoigner :-)

Vous pouvez lire la présentation de la méthode ici, et je vous propose une synthèse de ce que nous appliquons à la maison ci-dessous.



Le déroulement d'un accompagnement du soir :

  • il est l'heure d'aller au lit (20h15), nous avons notre petit rituel brosse-à-dent-histoire-bisous-à-tout-le-monde.
  • nous montons dans notre dortoir.
  • nous faisons le jeu de la pizza, une bonne partie de rigolade, avec ou sans ses frères qui parfois se joignent à nous attirés par les rires (5 minutes)
  • puis nous éteignons la lumière (je laisse une petite veilleuse, contrairement à ce que la méthode recommande, pour son frère qui reste souvent avec elle)
  • je le couche ou elle se couche toute seule sur son oreiller sur le "matelas des enfants"
  • je pose mes mains en éventail sur elle (son dos ou son ventre en fonction de comment elle s'est couchée, directement ou sur la couverture)
  • je compte 10 secondes, un appui ferme, je me lève et je sors en disant "Bonne nuit, à demain" et en refermant la porte derrière moi. 
  • Invariablement elle râle.
  • je redis 3 fois "Bonne nuit, à demain". C'est la comptine dont parle Anna dans son livre. Il est 20h30.
  • au début, elle pleurait, se levait, venait derrière la porte.
  • alors je lui resservait la comptine (les 4 vers). Un grand moment de silence puis à nouveau je disais la comptine en fonction de ses "questions" ou de sa "colère".
  • confirmation, une dernière fois "Bonne nuit, à demain".
La comptine sert à dire à l'enfant (grâce au ton que l'on emploie) "tu es en sécurité, tout va bien, je suis juste là, je reste avec toi et je vais t'accompagner jusqu'à ce que tu t'endormes". Et une fois qu'il fait silence et qu'on sent que le sommeil arrive, on lui ressert la comptine. Les premières fois ça le réveille, il réagit à nouveau, mais c'est important de le faire pour dire "maintenant que tu as trouvé le calme, je retourne à mes activités, je ne serais plus derrière la porte". C'est comme ça que je l'ai ressenti et j'ai eu l'impression d'être honnête avec ma fille.
En comparaison, avant je restais près d'elle jusqu'à ce qu'elle s'endorme, et partait sur la pointe des pieds... du coup elle se réveillait en panique en constatant que je n'étais plus là.

La première fois, je suis restée 45 minutes derrière la porte. Elle s'est levée plusieurs fois, et à ma grande surprise est retournée se coucher d'elle même jusqu'à trouver le sommeil. Bien sur elle s'est mise en colère, a beaucoup pleuré, mais j'étais là, près d'elle, et ce que je disais semblait faire "effet" puisqu'elle se taisait quand je disais la comptine. Je n'ai jamais eu l'impression de l'abandonner. 
La méthode indique que l'on peut entrer sans un mot, recoucher l'enfant, repositionner les mains et recommencer si vraiment on sent qu'il est "triste". Mais je n'ai pas ressenti l'envie de le faire.

Les fois suivantes ont été plus courtes et en 10 jours nous ne la couchions plus qu'en 15 minutes maxi (même pas le temps de lire une BD assise devant la porte !)

La méthode est très complète et explique beaucoup de cas particuliers et normaux. Par exemple vous pouvez l'utiliser avec un lit à barreau classique, et rester dans l’entrebâillement de la porte de façon à ce que votre enfant ne vous voit pas mais voit la lumière du couloir par exemple. Il ne doit pas pouvoir venir vous rejoindre, c'est pourquoi chez nous, nous avons choisi de fermer la porte.

Anna indique qu'on ne peut pas l'utiliser avant l'age de 4 mois. En effet, entre 0 et 4 mois, l'enfant est trop petit et à un grand besoin de contact et de peau à peau. Il ne peut pas dormir toute un nuit sans manger également.

Je partage cette découverte avec vous car je pense que nous avons tout à gagner à sa diffusion. Nous méritons tous un sommeil réparateur : enfants, parents. Et nos enfants méritent aussi d'avoir des parents pleins de ressources et de créativité, d’enthousiasme et de joie. Tout ce à quoi contribue un sommeil de qualité.

Alex, Elsa, merci de tout cœur d'avoir sauvé nos nuits !


Addendum du 08/11/2016 : Eric Viard et son équipe viennent de rééditer le livre qui était épuisé, il est désormais disponible sur www.biovie.fr et ils ont aussi ouvert un groupe fb sur le sujet : https://www.facebook.com/groups/1165163280186519

Addendum du 12/12/2016 : Sarah Bussenot propose un livret d'une quizaine de page qui reprend les étapes évoquées dans "For the Love of Children" et "Au dodo les petits". 

Elle y présente "Le modèle Standard". 
"Le but est de permettre à n’importe qui de se faire une idée sur la philosophie d'Anna et de présenter le modèle standard de manière très concrète."
Merci à elle pour ce travail !

mardi 23 décembre 2014

Imparfaits, Libres et Heureux


Imaginez-vous dans une rame du métro Toulousain, et soudainement quelqu'un se met à annoncer le prochain arrêt à haute et intelligible voix. Mais qu'est ce que c'est que cet(te) hurluberlu(e) ? Arrêt suivant, le voilà qui recommence ! Echanges de regards gênés dans le wagon, sourires...
Que pensez-vous de cet individu étrange ? Il est peut-être en thérapie pour lutter contre sa phobie de la honte.

C'est en tous cas ce que pratique régulièrement Christophe André avec ses patients pour leur permettre de surmonter leur peur d'avoir honte dans leur vie quotidienne.

Je viens de terminer ce livre "Imparfaits, Libres et Heureux" que m'a offert il y a un siècle mon amie Cécile. Je crois d'ailleurs que c'était à Noël dernier !


Il faut dire que Christophe André a la plume "dense" et souvent après la lecture de quelques pages, je devais m'arrêter tant les découvertes étaient nombreuses et les applications infinies dans ma vie de tous les jours.

J'ai donc appris ce que sont les hautes et les basses estimes de soi, la différence entre estime et confiance en soi, les estimes fragiles.
J'ai compris pourquoi certains sont hautains et inaccessibles et pourtant si mal dans leur peau, et pourquoi d'autres se contentent d'une toute petite vie.

Ce que j'ai compris surtout, c'est qu'une bonne hygiène de l'estime de soi est essentielle à nos relations aux autres, à des relations équilibrées, saines et constructives. 

Evidemment il en est de même pour nos enfants. Après la lecture de ce livre, je vois mes enfants sous un autre angle, et surtout je peux leur donner des petits trucs pour remonter leur estime de soi, leur parler en positif : "tu as déjà mis tes chaussures ?!". Cela a surtout renforcé mon envie de continuer dans la communication non violente.

Pour résumer tout ça, laissez-moi vous donner un exemple : Je sors avec des amis ce soir. Je peux passer la journée à me demander comment je vais m'habiller - qu'est-ce qu'elle avait dit déjà ? Que ce pull m'allait bien ?- Comment intervenir dans la discussion - Arg ils vont encore se moquer de moi au sujet de la dernière fois. Est-ce que j'y vais alors ? Oui mais si je n'y vais pas ils vont penser quoi ?
Ou alors, je peux choisir de sortir ce soir avec mes amis, passer la journée à me réjouir de ce moment, ne pas mettre le pull qui gratte mais un vêtement qui me plait et dans lequel je me sens bien. Je peux choisir d'être moi et de dire ce que je pense, d'être honnête avec moi même et avec mes amis ("Je n'aime pas quand vous parlez de moi comme ça, je me sens nulle"). En un mot je peux me respecter.

Evidemment ça change tout, notre perception du monde, et l'énergie que nous avons (puisque nous ne l'utilisons plus à d'interminables ressassements internes).
Et puis, connaitre les mécanismes de l'estime de soi, c'est aussi mieux comprendre son prochain, les mécanismes étranges qui parfois le pousse à faire des choses insensées à nos yeux.

J'ai beaucoup aimé la conclusion du bouquin, où Christophe André dit en bref qu'une fois notre estime bien en place, et bien on l'oublie pour se consacrer aux autres. Nous n'avons plus besoin de conscientiser cette hygiène de l'estime de soi, nous sommes solidement enracinés, nous pouvons nous tourner vers le monde.

Cécile, merci infiniment pour cette belle découverte, j'ai goutté chaque page de ce bouquin comme s'il s'agissait d'un Reese ;-)