Une conférence édifiante de 30 minutes de Céline Alvarez, réalisé en octobre 2015, qui a mené une expérimentation dans une classe publique de ZEP à Gennevilliers pendant 3 ans. Voilà l'avenir de l'école, voilà vers quoi j'ai envie d'aller ! Je veux être de la "génération pivot" !
Elle va pour la fin de la l'année publier un site internet qui va retranscrire tout ce qu'elle a appris de cette expérimentation.
Ma maman me raconte parfois son enfance. Elle habitait avec ses parents et ses grand-parents dans la même maison. Et tout à côté vivait son autre grand-mère, sa bonne-maman. Elle n'a pas été scolarisée avant ses 6 ans. Son père travaillait, sa mère aussi ou était occupée, ses grand-mères s'occupaient d'elle. Elle a des souvenirs tout doux de cette époque, elle en est très nostalgique. Tout le monde vivait au même endroit, les tontons et les tatas n'était pas loin. Les enfants étaient libres d'explorer et en même temps nourris par les nombreuses relations.
Mon papa, mes grands parents, mes arrières grand-parents, des arrières grand-tatas et une partie du village
C'était le modèle familial, il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui, les parents sont seuls, loin de leurs propres parents, géographiquement et/ou philosophiquement. Même quand ils ne sont pas divorcés, les adultes sont souvent en minorité à la maison. Pour faire tourner le quotidien, pour donner les câlins, pour jouer et de manière générale pour répondre aux besoins des enfants.
On peut retrouver cet ancien modèle quand nous nous retrouvons entres amis, et que les enfants jouent ensemble. Ce n'est pas tellement qu'ils ont des copains avec qui jouer, mais plutôt qu'il y a toujours un des adultes pour répondre à leur besoin, soigner un bobo, donner un verre d'eau, faire un calin ou un jeu.
Un enfant a besoin d'attention exclusiverégulièrement. Et d'attention en général très souvent. Mais les parents ne peuvent donner indéfiniment. Ils ont également besoin d'espace et de temps pour eux, pour continuer à se développer et pour pouvoir remplir leur réservoir affectif.
Les parents d'aujourd'hui s'épuisent à vouloir répondre à tous les besoins de leurs enfants, où tombent dans le système laxisme/autoritarisme. Les grand-parents se sentent isolés, délaissés.
Les modèles intergénérationnels, le passage des connaissances, s'amenuise, s'étiole.
Pour répondre à une partie de ces problématiques, une initiative originale a été mise en place à Seattle. Faire cohabiter une maison de retraite et une école maternelle... Je vous laisse la découvrir en vidéo.
J'aime beaucoup Dupontel. Pas tout, pas toujours, mais j'ai souvent beaucoup de plaisir à écouter ses sketchs.
Lorsque je l'ai entendu dans cette vidéo datant de 2013, je me suis dit qu'enfin quelqu'un mettait des mots simples et limpides sur les sentiments troubles que je ressentais parfois quand je voyais mes enfants rentrer de l'école.
"Tout est fait pour que l'individu ne se rencontre pas dans une vie. (...). Si jamais il se rencontre, il devient ingérable (...). il développe un sens critique."
Je vous laisse en compagnie de ce cancre génial, Albert Dupontel :
Voilà un sujet passionnant : l'Ecole. Savez-vous que l'école n'est pas obligatoire en France, mais que seulement l'instruction l'est ?
Environ 40 000 enfants français reçoivent une instruction en famille actuellement (voir ici pour plus d'infos).
Certains parents, qui rencontrent trop de difficultés avec leurs enfants à l'école, choisissent de les déscolariser pour passer du temps avec eux et les laisser apprendre, souvent à leur rythme et selon leur motivation.
Décidément cette histoire d'éducation, c'est compliqué. Comment gérer les besoins physiologiques de l'enfant, son rythme propre d'apprentissage (certains enfants n'apprennent à lire qu'à 12 ans, quand ils en ressentent vraiment le besoin), les besoins des parents et les besoins de la société ?
Personnellement, j'ai envie de poser la question autrement : que souhaitons-nous pour les adultes de demain ? Que les plus forts, ceux avec le crâne bien plein, ceux qui ont su se conformer au moule, soient les dirigeants dociles de demain ? Et que les autres, la grande majorité, soient des laissés pour compte ?
Moi je rêve d'un accompagnement qui permettrait à l'enfant de sentir de quoi il a envie, comment il pourrait gérer les conflits et sa relation aux autres, avec une belle estime de lui. Un accompagnement finalement minimal, car le petit enfant n'est-il pas ainsi ?
Il apprend à marcher, à manger tout seul. Souvent même il repousse l'aide de ses chers parents pour faire ses lacets seuls. Il se bat pour qu'on le laisse apprendre par lui même, pour qu'on arrête d'interférer avec ses mécanismes d'apprentissages propres.
Et si des pédagogies permettaient ça ? Et si l'école pouvait être réformée de manière à ce qu'une grande majorité d'enfants bénéficie d'un accompagnement bienveillant qui leur donnerait les supports et la liberté d'apprendre, qui leur montrerait le respect. Une école qui serait un espace d'apprentissage volontaire et pas de "bourrage de crâne" ?
Avec une école pareille, que serait la société de demain ?
C'est ce que nous découvrirons peut-être lorsque les enfants de la classe de Cécile Alvarez seront grands. Voyez vous-même dans cette courte vidéo :