mardi 23 juin 2015

L'allaitement long expliqué à mon psy

Il y a quelques temps, Agnès m'invitait à participer à un témoignage sur l'allaitement long.
Ce que j'ai fait avec joie. L'allaitement et moi c'est une longue histoire, puisque depuis bientôt 10 ans, jour après jour, je nourris de mon lait de petites bouches affamées.



Et en 10 ans, j'en ai entendu sur l'allaitement ! Des réflexions, des consternations et beaucoup d'inquiétudes aussi, quant à ma santé, celle de mes enfants, leur santé mentale, leur "déviances probables" mais aussi leur capacité future à sortir du giron maternel.
Les réflexions les plus virulentes ont été faîtes par le corps médical. Qui voulait pour toutes sortes de raisons que j'arrête d'allaiter mes enfants. J'ai connu une psychologue qui m'a parlé de Freud et de cette relation trop fusionelle que j'entretenais avec mon aîné. J'ai même vu un médecin proche de la retraite me dire que "dévoiler ses seins en public était particulièrement indécent, surtout alors que mon fils allait avoir un an" (!)

Campagne pour l'allaitement en public

Car oui, plus l'enfant est vieux, plus il est difficile de l'allaiter en public.
A ce propos, j'ai aussi allaité aux États-Unis, sous un drap d'allaitement, comme il est coutume là-bas :



Toutes ces remarques et contraintes sociétales contribuent à l'arrêt de nombreux allaitements aujourd'hui. Pour l'avoir vu autour de moi, et l'avoir senti parfois, un allaitement contrarié, un sevrage trop précoce, pour la mère comme pour l'enfant, peut être lourdement préjudiciable pour la suite de leur relation. Car la femme peut perdre une partie de sa confiance en sa capacité à être mère.

Pour pouvoir faire face aux inquiétudes de mon entourage et aux petits soucis que l'on peut rencontrer lors d'un allaitement, pour répondre aux questions que j'avais, notamment sur le co-allaitement, je me suis tournée vers les nombreuses ressources existantes :

J'ai eu la chance de participer à des groupes de parole de femmes allaitantes, où nous nous apportions mutuellement du soutien. A Toulouse, nous avons la chance d'avoir une sage-femme conseillère en lactation, prête à nous recevoir au moindre problème : Régine Prieur.
Elle a d'ailleurs rédigé un livret sur l'allaitement : Travail et allaitement

J'ai également donné du lait au lactarium de Marmande, pour les enfants prématurés dont la maman ne peut, pour un temps, leur donner son propre lait. Une personne vient chercher les biberons remplis et congelés toutes les semaines directement chez les "donneuses".

J'ai recueilli mon lait sur mon lieu de travail, pour pouvoir le donner à l'assistante maternelle qui gardait ma progéniture. J'ai loué pour cela un tire-lait électrique, remboursé par la sécurité sociale, sur le site Grandir Nature : http://www.grandir-nature.com. Ce site est extrêmement bien fait, des conseillères compétentes vous répondent, le matériel a été testé et est adapté, et les envois sont fait rapidement.

Nous avons également la chance de pouvoir compter sur un réseau soutenant et gratuit, la Leche League, avec leur site fourmillant d'une documentation à jour et bien fournie : http://www.lllfrance.org.

Quand je regarde mes enfants aujourd'hui, je sais que je leur ai donné le meilleur. Je suis sure d'avoir fait le bon choix pour ma famille. C'est pourquoi je me réjouis de lire le livre d'Agnès Vigouroux.

Ce livre donnera aux mamans qui le souhaitent la force de conviction et la sécurité intérieure pour poursuivre leur allaitement, quelque soit le climat familial et médical dans lequel elles évoluent.


L'allaitement long expliqué à mon psy, Agnès Vigouroux

Un livre à s'offrir et à offrir autour de soi quand on allaite.

jeudi 18 juin 2015

Living School, une autre école

Aujourd'hui j'aimerais partager avec vous l'idée de Caroline Sost qui a créé Living School à Paris.
Une autre école, où l'enfant peut-être acteur du monde, où il peut sentir sa puissance et prendre confiance en ses capacités.

Voici la vidéo TED émouvante, où elle parle de ce projet génial :




vendredi 22 mai 2015

Vaccins



Une fois n'est pas coutume, je me permets de relayer le formidable appel à signer la pétition du professeur Henri Joyeux, cancérologue.

Au-delà des dissentions entre anti et pro-vaccination, voici une pétition pour dénoncer l'impasse dans laquelle les parents se retrouvent aujourd'hui face aux lobbies des labos pharmaceutiques.

Le professeur Henri Joyeux est un homme de bon sens. J'ai confiance en son discours.


Montrons au pouvoir public que les citoyens s'inquiètent de leur santé et de celle de leurs enfants, controns les lobbies pharmaceutiques.

Signons la pétition.


lundi 11 mai 2015

Et n'oublie pas d'être heureux


Le 5 mars dernier, j'ai eu la chance d'assister à une conférence sur la psychologie positive, animée par Christophe André*

Je vous en livre ici les grandes lignes, les aspects qui m'ont particulièrement plu, et des ressources pour mettre en application ces enseignements.

Les grands concepts de la psychologie positive : 

  • Elle est basée sur des travaux scientifiques
  • Elle se centre sur les "favorisants au bonheur"
  • Elle encourage le développement des comportements positifs
  • Tout être humain peut élever son niveau de bonheur. Au delà des tendance génétique à la positivité (50%) et des circonstances (10%), les activités volontaires représentent les 40% restants. 
  • Comme toute activité, elle nécessite un entraînement régulier.
  • Cet entraînement modifie, progressivement et à long terme, nos câblages neuronaux, et donc nos automatismes émotionnels et comportementaux
  • L'objectif est un équilibre émotionnel dans lequel les émotions "positives" sont plus fréquentes que les "négatives".
  • LE BONHEUR ET LE BIEN-ÊTRE SONT DÉPENDANTS DE NOS ACTIONS
La psychologie positive ce n'est pas :
  • Le développement personnel (basé sur l'effort et les stratégies, sans réelle validité scientifique, et centré sur les entraves)
  • La pensée positive (qui tourne le dos aux difficultés)

Comment être heureux ?

Alors, pourquoi ne parvient-on tout simplement pas à appliquer les grandes platitudes que les grands sages nous enseignent depuis des millénaires (profiter, vivre en paix, vivre l'instant présent, ...) ?

Les émotions sont physiologiques. Elles existent dans tout le règne animal.
Lorsqu'un animal est en danger, son corps se prépare à la fuite. Son acuité augmente, sa réactivité et sa capacité à fuir également.
Ceci est transposable à l'homme. Quand il se sent en danger / qu'il est déprimé, l'homme se focalise sur les détails. Il va donc se concentrer sur toutes les petites choses qui posent problèmes dans sa vie.

A l'opposé, quand nous sommes calmes et sereins, nous pouvons ouvrir notre horizon à la beauté du monde, notre champs de perception augmente et les détails négatifs sont noyés et disparaissent au profit de la sensation de plénitude.

En ce sens la pratique de la générosité et de l'altruisme augmentent les émotions positives en mettant en place un cercle vertueux : je donne aux autres (du temps, de l'argent, de l'écoute, ...) je me sens bien, donc je m'ouvre davantage et je vais pouvoir donner plus, etc.

A l'inverse, quand nous sommes déprimés / en souffrance, nous nous focalisons sur notre douleur. L'altruisme devient alors impossible.

Quand un enfant se sent agressé, blessé, il n'est pas rare de le voir courir chercher son doudou et lui faire un câlin. En bref : il se fait du bien.
Je crois que nous adultes, nous avons oublié comment nous faire du bien, c'est assez mal vue dans notre société.
C'est bien dommage car on vit plus longtemps quand on met en place des stratégies de réparation !
Le système immunitaire est protégé par les émotions positives, avec un effet positif aussi puissant que peut l'être le tabagisme en négatif, imaginez ! Cultiver son bonheur, c'est rester en bonne santé.

Quelle est la recette du bonheur ?

Il ne s'agit pas d'être béat de bonheur en permanence, mais d'équilibrer nos émotions positives et négatives. Pour cela concentrons nous sur notre journée.
  • Un être humain "normal" va ressentir une proportion de 3/4 d'émotions positives pour 1/4 de négatives.
  • Un anxieux aura moitié émotions positives moitié émotions négatives
  • Un dépressif aura 3/4 d'émotions négatives.

Quel est le chemin vers le bonheur ?

  • Être heureux quand tout va bien (ne pas gâcher l'instant présent)
  • Essayer d'être heureux quand il ne se passe rien dans notre vie
  • Essayer d'être heureux dans l'adversité
Le bonheur n'est pas le but, mais le moyen de la vie - Paul Claudel

Quelle est l'équation du bonheur :

Le bien-être est une notion animale. Le bonheur c'est un peu plus.
BONHEUR = BIEN-ÊTRE + CONSCIENCE
Nous pouvons agir sur le paramètre conscience. Nous pouvons d'une part augmenter le nombre de moments agréables, mais nous pouvons aussi prendre conscience que de tout petits moments de notre journée sont agréables pour nous, nous pouvons nous en réjouir, en profiter, nous y prélasser tranquillement.
Nous pouvons nous endormir en pensant à trois choses positives de notre journée, et les revivre dans notre corps. Comme un muscle à travailler quotidiennement.
Nous pouvons renforcer le sentiment de bonheur par le mécanisme de gratitude (sentiment de dette joyeuse).
Enfin, nous pouvons profiter des moments d'attente (chez le médecin par exemple) pour ne rien faire, sentir la salle d'attente autour de soi, le contact de la chaise, notre état intérieur.

Quels sont les freins au bonheur ?

Le premier c'est les écrans. C'est un temps retiré à la famille et à soi, à la contemplation.
L'imagerie neuronale nous indique que des zones du cerveau sont activées quand on ne fait strictement rien. Or, dans notre société, c'est extrêmement rare, nous sommes en permanence sollicité par nos mails, sms, coups de téléphones etc.
Prendre un temps pour méditer, contempler, ne rien faire, c'est laisser ces zones s'activer, s'ouvrir à l'introspection et à la créativité.
Le second, c'est la rumination. Si pendant ces temps d'inaction, nous en "profitons" pour ruminer les évènements négatifs, alors nous traçons des "autoroute neuronaux" et nous renforçons encore et encore notre déprime.

Et les enfants dans tout ça ?

Oui vous allez me dire, c'est bien joli, mais que vient faire cet article sur ce blog ? Et bien, au delà du fait que les enfants ont besoin de parents épanouis, je crois que nous pouvons retirer de cet enseignement quelque chose à transmettre à nos enfants pour les autonomiser davantage.

Nous n'apprenons pas à favoriser les comportements qui nous font du bien à l'école. Les émotions sont totalement absentes du programme éducatif alors que cela me semble être incontournable !

Christophe André est confiant en disant en fin de conférence que la psychologie positive est minoritaire pour l'instant mais qu'elle est en passe d'être intégrée à la psychologie générale et donc aux grandes institutions.

Alors, en attendant, peut-être qu'en tant que parents, nous pouvons transmettre des choses simples à nos enfants. Par exemple, le plaisir de donner à autrui, le plaisir de passer du temps avec eux sans rien attendre en retour.
Nommer nos propres émotions, les leurs. Passer des moments inoccupés. Ne pas chercher à les occuper à tout prix. Leur apprendre à s'ennuyer.

Dans le même registre, nous pratiquons à la maison "la ronde des mercis".
A la demande d'un membre de la famille, nous nous mettons en cercle en nous tenant la main et tour à tour, nous remercions quelqu'un ou quelque chose pour un moment agréable de la journée. Par exemple "Je remercie le soleil pour cette belle journée", "Je remercie A pour son câlin ce matin qui m'a remplie de bonheur" "Je remercie Papa d'avoir préparé un si bon repas ce soir", etc...
Attention, la ronde des mercis, ce n'est pas la ronde des "désolée pour" ou des "oui mais". On remercie, personne ne fait de commentaire, pas de jugement. On écoute, on reçoit et on profite !!

J'ai retrouvé ce concept dans un trés beau livre pour enfant écrit par Catherine Dumonteil-Kremer, trés accessible : Agathe et les petits bonheurs.

Je vous propose également la lecture du livre "Calme et attentif comme une grenouille" qui propose des méditations guidées (sur un CD) pour les tout petits jusqu'à très grand. Beaucoup de succès à la maison. Au moment de dormir c'est encore mieux.

Dans un registre différent, le livre de Catherine Dumonteil-Kremer "Jouons ensemble autrement" regorge d'idées de jeu pour se reconnecter à la famille, passer du temps ensemble et jouir des petits moments merveilleux que nous offre la vie.

Et enfin, pour vous adulte, un bouquin que je n'ai pas encore lu, mais qu'il faut absolument que je mette dans ma toread-list, "Bien dans sa cuisine" d'Isabelle Filliozat. Un hymne à la méditation et à la pleine conscience en cuisinant. (Juliane, si tu lis ces lignes, pense à moi :-))



L'impact de ces petits moments est non négligeable. Non seulement à l'instant présent mais pour la vie future de notre progéniture.
Quand un enfant connaît ses émotions, sait les gérer et sait se faire du bien, alors il acquiert une stabilité inébranlable. Il devient solide face aux tempêtes de la vie et profite de ce qui lui est offert.

Il devient acteur de son bonheur, tout simplement.

Et il vit plus longtemps et en meilleure santé ! Nous avons donc tout à gagner à prendre soin de nos petits moments de bonheur et à leur apprendre à faire de même.

Au delà de la personne, favoriser les comportements positifs et le bien-être des hommes, c'est étayer l'humanité, la lier, lui permettre d'évoluer vers des lendemains plus pacifistes et joyeux.

Soit le changement que tu veux voir dans le monde - Gandhi


* Pour mémoire, Christophe André est l'auteur du livre "Imparfaits, libres et heureux" dont je vous ai parlé dans un article précédent

jeudi 9 avril 2015

Loba

C'est avec un plaisir non dissimulé que je vous présente un film sorti hier, le jour de la Sainte Julie - ce n'est quand même pas anodin :-D ! - et qui parle de l'accouchement naturel.
J'ai cette immense joie car, dans la bande annonce, vous pourrez voir un extrait du témoignage de Fabienne Stock, sage femme qui exerce sur Toulouse et qui m'a accompagné pour la naissance de mes deux derniers enfants, nés à la maternité et suivis à la maison ensuite.

Loba ("Louve" en français) montre comment l’accouchement se pratique aujourd’hui, comment il est vécu, et comment nous mettons au monde nos enfants.

Voici également la fiche du film sur le site de l'Utopia.



Belle visualisation à tous !


mardi 7 avril 2015

Sois sage... (3)

Nous avons vu dans un article précédent les différentes formes de violences. Puis je vous ai parlé des résultats et des conséquences de la violence pédagogique.

J'aimerais maintenant que nous parlions des raisons qui parfois nous poussent à utiliser cette violence à l'encontre de nos enfants :
Pourquoi sommes-nous violents avec notre enfant ?
A mon avis c'est la plupart du temps lié à la peur.
Je vous propose quelques pistes ci-dessous. Lorsque nous sommes violents avec un enfant, il est possible que ce soit :

Pour le redresser

Diablotin
Parce que depuis longtemps, on nous dit que les enfants sont des voyous, des vauriens. Ils naissent déjà machiavéliques, faisant caprices sur caprices, tentant de nous manipuler, essayant toujours de tirer la couverture à eux. L'enfant est vécu comme mauvais. Quand on a peur de ce qu'est l'enfant, on imagine que le rôle des parents est de le détruire pour ensuite le reconstruire à l'image d'un "bon" enfant, un enfant sage.

Aujourd'hui pourtant, on sait que la nature de l'enfant est profondément bonne. Les enfants naissent avec un sens aigu de la justice, une empathie énorme. Vers 2 ans, les enfants s'inquiètent quand quelqu'un pleure ou est triste autour d'eux. Ils commentent longuement les pages des livres où un enfant tombe, ils font des bisous au livre pour consoler le bébé qui pleure.
Plus grand, quand on les laisse libre d'exprimer leurs émotions, ils viennent chercher le parents pour qu'il s'occupe du bébé qui pleure, le bébé a besoin de sa maman. Ça, les enfants le comprennent mieux que nous !

C'est la coercition dont ils sont la cible, qui petit à petit les transforment, pour nous faire dire, à l'âge du primaire que "les enfants sont méchants entre eux" quand on parle de la dureté de leur relation à l'école.

Les neurosciences nous apprennent que leur système émotionnel se construit jusqu'à l'âge de 25 ans. Il est donc normal qu'un enfant par exemple de moins de 7 ans n'ait pas -ou peu- d'inhibition (capacité à restreindre son comportement dans une situation donnée) ou qu'il ne puisse pas adapter son langage en fonction de son interlocuteur. Il n'est simplement pas équipé pour !
Quand un besoin se fait sentir, ou que son corps lui signale que quelque chose ne va pas (envie d'uriner, faim, froid mais aussi besoin d'attention, besoin d'évacuer une tension, etc), il va se rapprocher du parent et attirer son attention sans savoir exactement pourquoi il fait ça. Mais il y a quelque chose d'impérieux qui le pousse à grimper sur les genoux de son père qui veut lire tranquillement, ou à tirer sur la manche de sa mère sans cesse. Le message est "Quelque chose m'alerte en moi, j'ai besoin de toi pour élucider ça".

Pour se faire respecter

Pour asseoir son autorité, il est d'usage de se "faire respecter", comprendre "être violent oralement ou physiquement avec ses enfants pour qu'ils ne nous débordent pas". Cette expression a la même connotation que "ne pas se laisser marcher sur les pieds".

C'est bien connu, vous faîtes de même avec vos amis, vous les punissez, les giflez et leur donnez la fessée ou les humiliez quand ils renversent un verre par maladresse alors que vous les aviez gentiment invités à l'apéro. Bien sur, car sinon ils ne vous respecteraient pas !


Cette confusion est courante. Nous avons peur que nos enfants ne nous respecte pas, et nous avons l'impression qu'en leur imposant ce respect il sera acquis pour toujours. Pourtant, se faire respecter, et donc "être respectable" est une action qui vient par nous et pour nous. Et non dans la coercition d'une dictature du respect.

Apprendre à son enfant à respecter l'autre, c'est être soi-même respectueux. Lui montrer justement comment on ne lui prend pas ce qu'il tient dans la main, comment on ne le touche pas quand il ne veut pas, qu'on ne le tape pas et que rien ne peut justifier la violence, la moquerie, etc. Et la meilleure démonstration que l'on puisse en faire, c'est bien par l'exemple !

Pour être un bon parent


Que vont penser les autres du comportement de mes enfants ? Dans la société actuelle, l'image de soi est devenue primordiale. On s'achète les derniers vêtements à la mode, on a le dernier IPhone, la dernière voiture haut de gamme, pour paraître. La parentalité ne sort pas de ce contexte finalement et nos enfants finissent par être notre "vitrine" de parent. Quand nous sommes de sortie, c'est sur leurs frêles épaules que repose l'image que nous avons l'impression de diffuser autour de nous.

Nous avons même décidé qu'il serait pilote d'avion ou président de la république, car cela a toujours été notre rêve a nous...

Si nous ne "tenons" pas nos enfants en public, nous avons peur de véhiculer l'image de mauvais parents. Or, les expériences en la matière montrent que la plupart des gens qui vous regardent pendant que votre petit dernier se roule par terre à la caisse du supermarché n'ont pas d'exigence particulière à votre égard. Et il parait que certains se disent, en pensant à vous, "la/le pauvre !". Et d'autres se demandent même comment ils pourraient vous aider ! Posez-vous la question : comment réagissez-vous quand vous voyez un enfant hurler dans un lieu public ?

Nous sommes responsables de la sécurité et de la protection de nos enfants. Mais pas de l'image qu'ils véhiculent. Nous ne sommes pas nos enfants.

Pour lui donner des limites


Il y a actuellement un courant de pensée assez fort qui dit qu'un enfant ne peut se développer qu'en rencontrant des limites. Et que si nous ne donnions pas de limites à nos enfants, il serait perdus, instables, et mettraient en route des stratégies pour aller rencontrer les limites de leur cadre. Encore une histoire de peur. D'après mes recherches, c'est vrai et c'est faux. Je laisse Isabelle Filliozat vous expliquer cela, elle le dit tellement bien !
Autrement dit, les seules limites qu'un enfant doit rencontrer, ce sont celles des autres. Inutile de lui fixer des limites supplémentaires pour qu'il se sente bien, par contre il serait intéressant d'indiquer clairement vos propres limites, et pour cela, de bien les connaître. Quelles sont vos limites ? Les respectez-vous ? Les faîtes vous respecter ? Respectez-vous les limites de vos enfants vous-même ?

Parce que ça ne nous a pas tué

«Donner une petite tape de temps en temps à sa femme n’est pas dramatique. La plupart du temps, on ne fait pas exprès, c’est sous le coup de la colère, d’une bravade de sa part. L’important est de ne pas frapper trop fort, et que cela ne devienne pas systématique
Cette phrase semblera choquante dans notre société actuelle. Et pourtant, remplacez le mot femme par enfant, et c'est une phrase que vous auriez pu entendre à la sortie de l'école.

La banalisation des actes de violences est un acte grave. Il nous permet de nous auto-justifier d'actes que souvent nous sentons en notre fort intérieur comme injustes. 

Cet exemple est tiré d'une interview d'Olivier Maurel dans libération, dans un article de la semaine dernière. Je vous invite à le lire en intégralité ici. J'en profite pour remercier Patricia de me l'avoir transmis !

Nous avons ce sentiment, renforcé par un fameux proverbe, que "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort". Hors, c'est faux (voir dernier paragraphe de l'article précédent) et c'est même prouvé par la science.

Imaginons que vous ayez acheté un cerisier, en pot. Un arbrisseau encore. Iriez-vous le planter au fond du jardin en décembre, exposé aux intempéries sous prétexte que ça le rendra plus fort ? Non bien sur, vous le garderiez bien au chaud, vous amenderiez sa terre, vous l'arroseriez régulièrement. Et si votre bel arbre montrait quelques feuilles jaunies, cessait de croître ou tout autre problème, vous n'auriez pas l'idée de vous en prendre à lui en disant que décidément il le fait exprès ! Non, vous le déplaceriez ou changeriez vos habitudes avec lui. Vous vous diriez que l'environnement n'est sûrement pas propice à son épanouissement.
Et lorsque votre arbre aurait suffisamment grandit et serait devenu suffisamment fort, alors vous le planteriez dans le jardin, dans un endroit propice, à un moment propice, pour qu'il continue de se développer harmonieusement, qu'il devienne beau à regarder et qu'éventuellement il vous donne de beaux fruits. Alors il sera capable d'affronter les intempéries, parce qu'il aura pu grandir dans un milieu favorable.


Pourquoi alors avoir des attentes différentes avec les enfants ? Par quel biais l'homme a t-il imaginé être différent de la nature dans laquelle il a évolué depuis des millénaires ?

La banalisation est aussi un moyen de justifier les actes de nos parents. J'entends souvent comme argument : "Une petite claque de temps en temps, ça ne fait pas de mal, ça remet les idées en place. Et puis moi, ça ne m'a pas tué !".
Certains sous-entendent même que c'est leur faute, qu'ils étaient des enfants difficiles, qu'ils l'avaient bien mérité...

Lorsqu'un enfant reçoit de la violence de la part de ses parents, il va mettre un voile dessus, car il est absolument et complètement dépendant d'eux, au moins jusqu'à l'adolescence. Comme les parents ne peuvent être responsables de cette violence (sinon l'enfant se rebellerait voire tenterait de s'éloigner d'eux alors qu'il ne peut pas) alors c'est bien lui qui en est la source et il s'attribue la faute. Puisque les parents me montrent que je suis un mauvais enfant, alors c'est que je le suis. Les parents ont toujours raison.

Bien des psychothérapeutes vous diront combien il est difficile pour un adulte de reconnaître que les traitements infligés par ses parents, quels qu'ils soient, ont été déplacés, violents, humiliants voire handicapants dans leur vie d'adulte.
Et pourtant, reconnaître cette violence reçue, ce n'est ni accuser ni pardonner à ses parents. Mais c'est bel et bien se donner la possibilité de ne plus reproduire avec ses propres enfants ces comportements blessants.

Pour ne pas en faire un enfant roi 


Encore une belle (?) illusion que celle d'imaginer qu'un enfant n'ayant pas reçu de violence serait -ou sera- un enfant roi. Cela rejoint l'idée d'un enfant mauvais dès sa naissance (voire même avant, dans le ventre de sa mère !), mais aussi l'idée de limites.
Au delà de ça, il y a ce sentiment parfois que les parents qui ne corrigent pas leurs enfants (le terme est révélateur) sont laxistes. Et quand on est assailli par une bouffée d'autoritarisme, souvent c'est parce que tout à coup on a peur d'être laxiste.

Il y a une différence certaine entre être autoritaire et être autoritariste. Je vous laisse lire à ce sujet cet article qui explique parfaitement cette différence d'après moi. 
Faire de l'autoritarisme, c'est être méfiant, liberticide et destructeur, c'est se grandir soi.
Être autoritaire est basé sur la confiance, sur le respect de soi et des autres. C'est faire grandir l'autre. 
Parfois, les parents sont pris dans un schéma qui se répète inlassablement : après avoir été "dur" avec son enfant, le parent se culpabilise, se radoucit, et libère son enfant des contraintes. Au bout d'un moment, voyant son enfant aller de plus en plus avant, enfreignant les règles, le parents ronge son frein, prend peur, puis se ravise et se met à hurler tout à coup, punissant, envoyant dans sa chambre un enfant désorienté.
C'est le cercle vicieux laxisme / autoritarisme qui s'installe. L'enfant ne sait plus quel parent il va avoir face à lui. Il ne sait plus quelles sont les règles, ni ce qu'il a ou non la possibilité de faire. L'environnement de l'enfant devient instable, il perd confiance en son parent. Ce schéma est éprouvant pour toute la famille et il faut absolument en sortir.

Par pulsion / épuisement 

Oui mais voilà, en sortir n'est pas si simple. Et même parfois être bienveillant est impossible. Parce qu'on en peut plus, parce ce qu'on a d'autres soucis, parce que la petite dernière ne dort pas et nous réveille toutes les deux heures...

Parfois les enfants sont juste insupportables, on a envie de partir très loin, de ne plus les entendre ni les voir, parce que tout ce qu'ils font nous donne envie de les jeter par la fenêtre. (Comment ça ça sent le vécu ?)

A mon avis, l'épuisement est une des causes majeures de la violence parentale. Simplement parce que nos rythmes de vie ne sont pas adaptés à notre physiologie, parce que les parents sont seuls à élever leurs enfants à présent, qu'ils travaillent tous les deux toute la semaine, et que le soir vite vite il leur tarde que les enfants soient couchés pour pouvoir se retrouver un peu en couple.
De l'autre côté, les enfants passent de longues journées à l'école ou au centre, sont dans le bruit, la discipline toute la journée et le soir quand ils rentrent ils ont envie de jouer (et pas de faire leur devoir) de se détendre et de passer du bon temps avec leurs parents.
Dès lors que les besoins sont antinomiques on peut imaginer à quel point l'ambiance peut-être électrique tous les soirs de la semaine. Quand au matin, n'en parlons pas, nous sommes dans le comble de l'anti-physiologique.

Quand on ne parvient plus à réfléchir à force d'épuisement, comment peut-on imaginer pouvoir être bienveillant avec son entourage ?

Je vous propose comme illustration le témoignage d'une maman bienveillante à ce sujet.

Par impuissance 

Et puis parfois aussi, nous ne savons tout simplement pas comment faire autrement. Parce que le seul modèle que nous avons reçu, c'est la violence éducative, ou tout au contraire, parce que nos parents étaient dans le laxisme et que nous nous sommes jurés de ne pas faire comme eux.
Quand nos propres besoins entrent en concurrence avec ceux de nos enfants, quand le combat s'engage entre eux et nous et que nous devons gagner. Alors nous retournons à nos anciens schémas de pensées et nous crions, punissons voire frappons.

A suivre ...

Si tel est votre cas, si vous avez envie de changer l'ambiance familiale, je vous invite vivement à lire mon prochain article, dans lequel nous verrons que OUI c'est possible de faire autrement, et de comment faire, quels outils, quels livres, quels ateliers, quels auteurs...

vendredi 27 mars 2015

Amour et Châtiments

La violence éducative ordinaire dénoncée par Michel Meignant, dans un film dont voici la bande annonce :



Selon lui, la violence éducative ordinaire est la source du malheur de l'humanité.
Si on abolit la violence éducative ordinaire (fessée, cri, autres violences physiques et psychiques) on diminuera la délinquance, violence, et les risques de massacre.

Ce film est sorti en 2011.