lundi 14 décembre 2015

L'allaitement long expliqué à mon psy (2)

L'allaitement long pas seulement 




J'ai pris le temps de lire le livre d'Agnès Vigouroux que je vous présentais dans un article précédent.

Au départ, je dois dire que j'ai été un peu rebutée par le langage très psy justement des premières pages. Mais c'est finalement très finement qu'Agnès démonte une à une les "légendes urbaines" de nos psychologues / voisins / belle-mère préférés.

Elle y parle de Freud, et de sa vision de l'allaitement, vision très charnelle et qui pourrait être interprétée comme "mauvaise". Mais elle souligne aussi que dans certains de ses écrits Freud parlait de l'allaitement du bambin, quand ses dents poussent... l'allaitement du bambin et du jeune enfant était donc naturel pour Freud. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les biberons en étaient encore à leur balbutiements ...


Je suis très enthousiaste sur ce livre, car j'y ai aussi appris des choses sur la physiologie, comme l'âge du sevrage naturel - entendre physiologique - (par comparaison avec les autres peuples sur terre qui le pratiquent, ceux qui l'ont pratiqué par le passé, et les mammifères dans leur ensemble). Elle indique donc que le sevrage naturel se fait entre 5 et 7 ans, ce qui s'est passé finalement chez nous, du moins pour les deux aînés. Non négligeable également, j'ai appris que l'OMS avait produit en 2006 de nouvelles courbes de poids qui englobait les enfants allaités et faisait même d'eux "la référence santé" ! (petit message subliminal à tous ceux et toutes celles dont les enfants ne rentrent pas dans les courbes du carnet de santé français !!)

En lisant ce livre, j'ai aussi découvert quelque chose de stupéfiant qui me semble essentiel au sujet de l'accouchement. Et c'est finalement logique quand on y réfléchit avec le bon sens : lors des minutes qui suivent l'accouchement, il est coutume dans nos hôpitaux modernes de laver, peser, mesurer le bébé, voire même de le mettre 'au chaud' sous une lampe chauffante s'il est jugé avoir été un peu fatigué (!) par cette naissance. Rendez-vous compte à quel point on vole des instants précieux ! Non seulement le lien d'attachement est impulsé par les premiers moments passés avec ce petit être en peau à peau, mais la maman qui n'a pas son bébé sur son ventre à ce moment là va voir monter en elle le processus physiologique du deuil : en effet, pour un mamifère, si la maman n'a pas son bébé contre elle après l'accouchement, c'est qu'il est mort !! Il est donc suspecté que le baby blues, les problèmes d'attachement, le lien olfactif qui s'ensuit soit endommagés et qu'il faille ensuite un temps variable pour que le corps de la mère cesse d'être "physiologiquement en deuil" !!

Et puis il y a quelque chose d'important qui revient souvent dans ce livre : l'allaitement d'un enfant n'a rien à voir avec l'allaitement d'un nourrisson. Je souris en imaginant ma fille de 2 ans et demi téter tous les trois quarts d'heure comme elle le faisait à la naissance. Aujourd'hui elle tête souvent assise ou debout, ou en faisant des acrobaties d'ailleurs, seulement deux à trois fois par jour. Elle a mis en place ses petits rituels, moi aussi, ça n'a vraiment plus rien à voir. Je peux aussi lui refuser des tétées, lui demander d'attendre...

L'allaitement est une relation, il évolue au cours du temps. 
Je peux comprendre qu'on s'offusque si l'on imagine un grand de 5 ans téter comme un tout petit bébé... (à ce propos vous pouvez allez voir cet article sur la une du Times du 10 mai 2012)



Enfin Agnès assène un grand coup dans la fourmilière, en dénonçant le fait que selon la psychologie actuelle, si un enfant est laissé au sein, il reste bloqué dans ses apprentissages, et que ce serait grâce au sevrage que les parents le "pousseraient" d'un niveau d'apprentissage à l'autre. Comme si les enfants de 3 ans qui tètent encore ne pouvaient pas apprendre à marcher, à parler ou à manger seul !! Vu sous cet angle j'ai pu sentir à quel point cette idée était loin de la vérité physiologique des enfants.

Allaiter un enfant, ce n'est pas l'empêcher de grandir, c'est l'accompagner dans son autonomisation.

Alors oui, ce livre peut vous permettre d'avoir un belle assise quant aux demandes et aux questionnements de votre entourage. Il peut vous permettre d'avancer des arguments convainquants, construits et montrant que vous vous êtes penché sur la question.

Il faudra bien qu'il arrête quand même !


J'aimerais, pour finir, vous parler de la justification dont on fait justement notre bouclier protecteur, la plupart du temps, quand on a un mode de vie différent de notre entourage. Que cela soit pour l'allaitement, le mode éducatif, l'alimentation... tous ces sujets qui nous tiennent à coeur et qui éveillent des peurs et de la méfiance chez nos proches.

D'abord, est-on réellement entendu quand on commence une grande tirade du "mais-si-allaiter-c'est-bien-c'est-ce-qu'il-y-a-de-mieux-pour-mon-bébé-parce-que-le-lait-maternisé-c'est-du-lait-de-vache-c'est-pas-adapté" ?


Quand quelqu'un me pose une question qui me dérange :
- "Tu ne crois pas que ton fils est un peu efféminé parce que tu l'as allaité si longtemps ?"
- "Mais il faudra bien qu'il arrête un jour quand même, non ?!"
Voici le petit processus que j'ai mis en place : quand une remarque me chatouille, quand je sens la colère qui monte, ou la peur, quand je me dis "non mais quand même quel culot !", quand je n'ai qu'une envie c'est justement de déballer tout mon savoir pour faire taire l'autre, pour lui prouver que non je ne fais pas n'importe quoi, j'essaie de me taire.

Oui car la "normalité", les voies "naturelles", la "physiologie", c'est bien moi qui m'y suis penchée dessus, et qui en ait déduit un mode de vie que je pense être le plus "naturel" possible, avec les moyens qui sont actuellement à ma disposition. C'est bien moi qui suis normale, et c'est eux, ceux qui questionnent ma façon de faire, qui ne sont pas dans le "normal". Ils sont plutôt / souvent dans la sacro-sainte tradition, dans le "c'est comme ça qu'il faut faire / qu'on a toujours fait / que mes parents ont fait et je n'en suis pas mort", dans la reproduction passive sans questionnement.

Alors, plutôt que de me sentir attaquée, d'être sur la défensive, j'essaie d'être dans l'empathie, et je questionne à mon tour.
- "Ah bon, tu ne fais pas comme ça toi ?"
- "Tu penses qu'un enfant de 2 ans ne devrait pas téter ?"

J'enclenche le starter "Écoute active" et j'essaie de me connecter.
Je questionne et j'écoute, et je questionne encore jusqu'à ce que la personne en face, ce proche que j'aime, et qui probablement m'aime et me pose ses questions pour me faire part de son inquiétude somme toute légitime, déroule le fil de son argumentaire. Jusqu'au moment où, convaincue du bien fondé de sa peur, j'intègre sa remarque et je revois ma pratique, ou, la plupart du temps, au moment où il arrive à se contredire lui-même / exprime la peur qui se cache derrière et finalement l'amour qu'il a pour moi.

Ce n'est qu'arrivés à ce point, quand l'inquiétude est exprimée, quand l'argumentaire est épuisé, que je sors ma carte scientifique/physiologique/pratique pour le rasséréner. Et c'est d'ailleurs souvent les oreilles grandes ouvertes, puisqu'il a pu aller jusqu'au bout de sa réflexion et qu'il a été entendu, que mon auditeur reçoit le message et que la graine est (je l'espère) bien plantée.


Il ne s'agit pas de convaincre par la parole, mais par les actes. Donc souvenez-vous, quand on vous asticote sur les valeurs qui sont les vôtres, de poser à votre tour une question.

Nous n'avons pas à justifier nos pratiques ! Mais nous devons les partager pour les propager :-).

mardi 11 août 2015

Je ne m'appelle pas "Dépêche toi" !

J'ai beaucoup aimé cette courte vidéo. J'y ai senti beaucoup de vérité.


C'est souvent un problème à la maison : le respect des horaires. Mouvoir trois enfants à longueur de journée demande une énergie colossale. Notre famille a une grande inertie, nous avons beaucoup de mal à nous lancer.

Quand je regardais l'année passée les mamans et les papas sur le trottoir de l'école, je voyais souvent les parents tête baissée, à la limite du footing, avec leurs enfants en drapeau derrière.
Savez-vous que jusqu'à 7 ans, la moyenne de marche d'un enfant est de 1 à 3 km/h ? Et que notre marche d'adulte est en moyenne de 5 à 6 km/h ?

D'un autre côté, il est très difficile de sourire et de prendre tout son temps quand le petit dernier veut vraiment mettre ses chaussures tout seul alors que l'on est toujours à la maison et que la cloche de l'école sonne la rentrée en classe... cela demande beaucoup d'énergie je trouve de masquer ses émotions d'angoisse, d'urgence et de stress !

L'organisation du temps du matin a longtemps été matière à discussion à la maison. Voici quelques outils que nous avons utilisés et/ou utilisons encore.

- les checklists. Le principe est simple, les enfants doivent cocher chaque tâche accomplie et ne peuvent partir que quand toute la colonne est cochée.



- les alarmes. A la maison, le système qui fonctionne le mieux, c'est deux alarmes consécutives à 5 minutes d'écart, au moment de partir. Première sonnerie, on boucle les chaussures et les manteaux, deuxième sonnerie on monte dans la voiture. La deuxième alarme sonne 5 minutes avant l'heure théorique de départ, pour permettre à d'éventuels réveurs de s'habiller, ou de finir de se laver les dents sans s'attirer les foudres de leur mère. Et aux mères de revenir trois fois dans la maison chercher ce qu'elles ont oublié :-D

- le rappel de l'heure. A partir du moment où ils se réveillent, j'annonce "nous partons dans .. minutes".

- les conseils. Quand je vois un enfant tout nu pelotonné contre la cheminée sous une couverture 5 minutes avant la première sonnerie, je respire, je souris, et j'annonce : première sonnerie dans 5 minute, je te conseille de te laver les dents et de t'habiller, tu as juste le temps pour faire ces deux choses là, pas plus.

- les explications. "Quand nous partons en retard, non seulement nous devons sonner pour rentrer à l'école, non seulement vous dérangez la classe et votre institutrice (et à la limite cela reste leur problème), mais je suis moi aussi en retard ensuite à mon travail et je ne suis pas d'accord avec ça". A mon sens il est important de dire le pourquoi nous devons partir à l'heure, et de le répéter régulièrement.

- le respect. Personnellement, je ne supporte pas qu'on me dise quand me lever, quoi préparer, que je suis en retard, ou qu'on me donne des ordres. J'essaie d'éviter ces choses là à mes enfants. Simplement je rappelle régulièrement le temps restant, sans crier, et même parfois en chantant.

- la fermeté. Evidemment, mettre à la disposition des enfants des outils pour qu'ils s'autonomisent quand au respect des horaires ne fonctionne pas toujours, même si je suis fière du chemin parcouru. Donc, quand la deuxième sonnerie retentit et que l'un d'eux est toujours en pyjama, j'ai anticipé un tout petit peu, pris un sac, jeté des habits, des chaussettes, des chaussures dedans, jeté ce grand sac dans la voiture. Et là, ce n'est pas toujours facile de l'obliger à monter dans la voiture pied nu en pyjama, surtout quand il fait froid, surtout en souriant et en gardant mon calme. Mais la fermeté n'est pas la violence, donc j'essaie de le prendre dans mes bras avec tout l'amour dont je dispose à ce moment là, et de le poser dans son siège. A lui de jouer à présent pour s'habiller avant d'arriver à l'école, et sur ce point là ils n'ont jamais failli.

Le fait de s'être confronté une paire de fois à la conséquence de leur comportement leur a permis d'anticiper. Et à présent, il arrive environ une ou deux fois par an qu'ils mettent leur chaussures dans la voiture sans s'être lavés les dents. C'est, disons, une bonne piqûre de rappel sur ma détermination à partir à l'heure.

Je vous souhaite une belle rentrée :-) !




lundi 13 juillet 2015

Présent parfait


Ça prend tout un village pour élever un enfant.
(proverbe sénégalais)

Ma maman me raconte parfois son enfance. Elle habitait avec ses parents et ses grand-parents dans la même maison. Et tout à côté vivait son autre grand-mère, sa bonne-maman. Elle n'a pas été scolarisée avant ses 6 ans. Son père travaillait, sa mère aussi ou était occupée, ses grand-mères s'occupaient d'elle. Elle a des souvenirs tout doux de cette époque, elle en est très nostalgique. Tout le monde vivait au même endroit, les tontons et les tatas n'était pas loin. Les enfants étaient libres d'explorer et en même temps nourris par les nombreuses relations.

Mon papa, mes grands parents, mes arrières grand-parents, des arrières grand-tatas et une partie du village

C'était le modèle familial, il n'y a pas si longtemps. Aujourd'hui, les parents sont seuls, loin de leurs propres parents, géographiquement et/ou philosophiquement. Même quand ils ne sont pas divorcés, les adultes sont souvent en minorité à la maison. Pour faire tourner le quotidien, pour donner les câlins, pour jouer et de manière générale pour répondre aux besoins des enfants.

On peut retrouver cet ancien modèle quand nous nous retrouvons entres amis, et que les enfants jouent ensemble. Ce n'est pas tellement qu'ils ont des copains avec qui jouer, mais plutôt qu'il y a toujours un des adultes pour répondre à leur besoin, soigner un bobo, donner un verre d'eau, faire un calin ou un jeu.

Un enfant a besoin d'attention exclusive régulièrement. Et d'attention en général très souvent. Mais les parents ne peuvent donner indéfiniment. Ils ont également besoin d'espace et de temps pour eux, pour continuer à se développer et pour pouvoir remplir leur réservoir affectif.

Les parents d'aujourd'hui s'épuisent à vouloir répondre à tous les besoins de leurs enfants, où tombent dans le système laxisme/autoritarisme. Les grand-parents se sentent isolés, délaissés.
Les modèles intergénérationnels, le passage des connaissances, s'amenuise, s'étiole.

Pour répondre à une partie de ces problématiques, une initiative originale a été mise en place à Seattle. Faire cohabiter une maison de retraite et une école maternelle... Je vous laisse la découvrir en vidéo.

 

mardi 23 juin 2015

L'allaitement long expliqué à mon psy

Il y a quelques temps, Agnès m'invitait à participer à un témoignage sur l'allaitement long.
Ce que j'ai fait avec joie. L'allaitement et moi c'est une longue histoire, puisque depuis bientôt 10 ans, jour après jour, je nourris de mon lait de petites bouches affamées.



Et en 10 ans, j'en ai entendu sur l'allaitement ! Des réflexions, des consternations et beaucoup d'inquiétudes aussi, quant à ma santé, celle de mes enfants, leur santé mentale, leur "déviances probables" mais aussi leur capacité future à sortir du giron maternel.
Les réflexions les plus virulentes ont été faîtes par le corps médical. Qui voulait pour toutes sortes de raisons que j'arrête d'allaiter mes enfants. J'ai connu une psychologue qui m'a parlé de Freud et de cette relation trop fusionelle que j'entretenais avec mon aîné. J'ai même vu un médecin proche de la retraite me dire que "dévoiler ses seins en public était particulièrement indécent, surtout alors que mon fils allait avoir un an" (!)

Campagne pour l'allaitement en public

Car oui, plus l'enfant est vieux, plus il est difficile de l'allaiter en public.
A ce propos, j'ai aussi allaité aux États-Unis, sous un drap d'allaitement, comme il est coutume là-bas :



Toutes ces remarques et contraintes sociétales contribuent à l'arrêt de nombreux allaitements aujourd'hui. Pour l'avoir vu autour de moi, et l'avoir senti parfois, un allaitement contrarié, un sevrage trop précoce, pour la mère comme pour l'enfant, peut être lourdement préjudiciable pour la suite de leur relation. Car la femme peut perdre une partie de sa confiance en sa capacité à être mère.

Pour pouvoir faire face aux inquiétudes de mon entourage et aux petits soucis que l'on peut rencontrer lors d'un allaitement, pour répondre aux questions que j'avais, notamment sur le co-allaitement, je me suis tournée vers les nombreuses ressources existantes :

J'ai eu la chance de participer à des groupes de parole de femmes allaitantes, où nous nous apportions mutuellement du soutien. A Toulouse, nous avons la chance d'avoir une sage-femme conseillère en lactation, prête à nous recevoir au moindre problème : Régine Prieur.
Elle a d'ailleurs rédigé un livret sur l'allaitement : Travail et allaitement

J'ai également donné du lait au lactarium de Marmande, pour les enfants prématurés dont la maman ne peut, pour un temps, leur donner son propre lait. Une personne vient chercher les biberons remplis et congelés toutes les semaines directement chez les "donneuses".

J'ai recueilli mon lait sur mon lieu de travail, pour pouvoir le donner à l'assistante maternelle qui gardait ma progéniture. J'ai loué pour cela un tire-lait électrique, remboursé par la sécurité sociale, sur le site Grandir Nature : http://www.grandir-nature.com. Ce site est extrêmement bien fait, des conseillères compétentes vous répondent, le matériel a été testé et est adapté, et les envois sont fait rapidement.

Nous avons également la chance de pouvoir compter sur un réseau soutenant et gratuit, la Leche League, avec leur site fourmillant d'une documentation à jour et bien fournie : http://www.lllfrance.org.

Quand je regarde mes enfants aujourd'hui, je sais que je leur ai donné le meilleur. Je suis sure d'avoir fait le bon choix pour ma famille. C'est pourquoi je me réjouis de lire le livre d'Agnès Vigouroux.

Ce livre donnera aux mamans qui le souhaitent la force de conviction et la sécurité intérieure pour poursuivre leur allaitement, quelque soit le climat familial et médical dans lequel elles évoluent.


L'allaitement long expliqué à mon psy, Agnès Vigouroux

Un livre à s'offrir et à offrir autour de soi quand on allaite.

jeudi 18 juin 2015

Living School, une autre école

Aujourd'hui j'aimerais partager avec vous l'idée de Caroline Sost qui a créé Living School à Paris.
Une autre école, où l'enfant peut-être acteur du monde, où il peut sentir sa puissance et prendre confiance en ses capacités.

Voici la vidéo TED émouvante, où elle parle de ce projet génial :




vendredi 22 mai 2015

Vaccins



Une fois n'est pas coutume, je me permets de relayer le formidable appel à signer la pétition du professeur Henri Joyeux, cancérologue.

Au-delà des dissentions entre anti et pro-vaccination, voici une pétition pour dénoncer l'impasse dans laquelle les parents se retrouvent aujourd'hui face aux lobbies des labos pharmaceutiques.

Le professeur Henri Joyeux est un homme de bon sens. J'ai confiance en son discours.


Montrons au pouvoir public que les citoyens s'inquiètent de leur santé et de celle de leurs enfants, controns les lobbies pharmaceutiques.

Signons la pétition.


lundi 11 mai 2015

Et n'oublie pas d'être heureux


Le 5 mars dernier, j'ai eu la chance d'assister à une conférence sur la psychologie positive, animée par Christophe André*

Je vous en livre ici les grandes lignes, les aspects qui m'ont particulièrement plu, et des ressources pour mettre en application ces enseignements.

Les grands concepts de la psychologie positive : 

  • Elle est basée sur des travaux scientifiques
  • Elle se centre sur les "favorisants au bonheur"
  • Elle encourage le développement des comportements positifs
  • Tout être humain peut élever son niveau de bonheur. Au delà des tendance génétique à la positivité (50%) et des circonstances (10%), les activités volontaires représentent les 40% restants. 
  • Comme toute activité, elle nécessite un entraînement régulier.
  • Cet entraînement modifie, progressivement et à long terme, nos câblages neuronaux, et donc nos automatismes émotionnels et comportementaux
  • L'objectif est un équilibre émotionnel dans lequel les émotions "positives" sont plus fréquentes que les "négatives".
  • LE BONHEUR ET LE BIEN-ÊTRE SONT DÉPENDANTS DE NOS ACTIONS
La psychologie positive ce n'est pas :
  • Le développement personnel (basé sur l'effort et les stratégies, sans réelle validité scientifique, et centré sur les entraves)
  • La pensée positive (qui tourne le dos aux difficultés)

Comment être heureux ?

Alors, pourquoi ne parvient-on tout simplement pas à appliquer les grandes platitudes que les grands sages nous enseignent depuis des millénaires (profiter, vivre en paix, vivre l'instant présent, ...) ?

Les émotions sont physiologiques. Elles existent dans tout le règne animal.
Lorsqu'un animal est en danger, son corps se prépare à la fuite. Son acuité augmente, sa réactivité et sa capacité à fuir également.
Ceci est transposable à l'homme. Quand il se sent en danger / qu'il est déprimé, l'homme se focalise sur les détails. Il va donc se concentrer sur toutes les petites choses qui posent problèmes dans sa vie.

A l'opposé, quand nous sommes calmes et sereins, nous pouvons ouvrir notre horizon à la beauté du monde, notre champs de perception augmente et les détails négatifs sont noyés et disparaissent au profit de la sensation de plénitude.

En ce sens la pratique de la générosité et de l'altruisme augmentent les émotions positives en mettant en place un cercle vertueux : je donne aux autres (du temps, de l'argent, de l'écoute, ...) je me sens bien, donc je m'ouvre davantage et je vais pouvoir donner plus, etc.

A l'inverse, quand nous sommes déprimés / en souffrance, nous nous focalisons sur notre douleur. L'altruisme devient alors impossible.

Quand un enfant se sent agressé, blessé, il n'est pas rare de le voir courir chercher son doudou et lui faire un câlin. En bref : il se fait du bien.
Je crois que nous adultes, nous avons oublié comment nous faire du bien, c'est assez mal vue dans notre société.
C'est bien dommage car on vit plus longtemps quand on met en place des stratégies de réparation !
Le système immunitaire est protégé par les émotions positives, avec un effet positif aussi puissant que peut l'être le tabagisme en négatif, imaginez ! Cultiver son bonheur, c'est rester en bonne santé.

Quelle est la recette du bonheur ?

Il ne s'agit pas d'être béat de bonheur en permanence, mais d'équilibrer nos émotions positives et négatives. Pour cela concentrons nous sur notre journée.
  • Un être humain "normal" va ressentir une proportion de 3/4 d'émotions positives pour 1/4 de négatives.
  • Un anxieux aura moitié émotions positives moitié émotions négatives
  • Un dépressif aura 3/4 d'émotions négatives.

Quel est le chemin vers le bonheur ?

  • Être heureux quand tout va bien (ne pas gâcher l'instant présent)
  • Essayer d'être heureux quand il ne se passe rien dans notre vie
  • Essayer d'être heureux dans l'adversité
Le bonheur n'est pas le but, mais le moyen de la vie - Paul Claudel

Quelle est l'équation du bonheur :

Le bien-être est une notion animale. Le bonheur c'est un peu plus.
BONHEUR = BIEN-ÊTRE + CONSCIENCE
Nous pouvons agir sur le paramètre conscience. Nous pouvons d'une part augmenter le nombre de moments agréables, mais nous pouvons aussi prendre conscience que de tout petits moments de notre journée sont agréables pour nous, nous pouvons nous en réjouir, en profiter, nous y prélasser tranquillement.
Nous pouvons nous endormir en pensant à trois choses positives de notre journée, et les revivre dans notre corps. Comme un muscle à travailler quotidiennement.
Nous pouvons renforcer le sentiment de bonheur par le mécanisme de gratitude (sentiment de dette joyeuse).
Enfin, nous pouvons profiter des moments d'attente (chez le médecin par exemple) pour ne rien faire, sentir la salle d'attente autour de soi, le contact de la chaise, notre état intérieur.

Quels sont les freins au bonheur ?

Le premier c'est les écrans. C'est un temps retiré à la famille et à soi, à la contemplation.
L'imagerie neuronale nous indique que des zones du cerveau sont activées quand on ne fait strictement rien. Or, dans notre société, c'est extrêmement rare, nous sommes en permanence sollicité par nos mails, sms, coups de téléphones etc.
Prendre un temps pour méditer, contempler, ne rien faire, c'est laisser ces zones s'activer, s'ouvrir à l'introspection et à la créativité.
Le second, c'est la rumination. Si pendant ces temps d'inaction, nous en "profitons" pour ruminer les évènements négatifs, alors nous traçons des "autoroute neuronaux" et nous renforçons encore et encore notre déprime.

Et les enfants dans tout ça ?

Oui vous allez me dire, c'est bien joli, mais que vient faire cet article sur ce blog ? Et bien, au delà du fait que les enfants ont besoin de parents épanouis, je crois que nous pouvons retirer de cet enseignement quelque chose à transmettre à nos enfants pour les autonomiser davantage.

Nous n'apprenons pas à favoriser les comportements qui nous font du bien à l'école. Les émotions sont totalement absentes du programme éducatif alors que cela me semble être incontournable !

Christophe André est confiant en disant en fin de conférence que la psychologie positive est minoritaire pour l'instant mais qu'elle est en passe d'être intégrée à la psychologie générale et donc aux grandes institutions.

Alors, en attendant, peut-être qu'en tant que parents, nous pouvons transmettre des choses simples à nos enfants. Par exemple, le plaisir de donner à autrui, le plaisir de passer du temps avec eux sans rien attendre en retour.
Nommer nos propres émotions, les leurs. Passer des moments inoccupés. Ne pas chercher à les occuper à tout prix. Leur apprendre à s'ennuyer.

Dans le même registre, nous pratiquons à la maison "la ronde des mercis".
A la demande d'un membre de la famille, nous nous mettons en cercle en nous tenant la main et tour à tour, nous remercions quelqu'un ou quelque chose pour un moment agréable de la journée. Par exemple "Je remercie le soleil pour cette belle journée", "Je remercie A pour son câlin ce matin qui m'a remplie de bonheur" "Je remercie Papa d'avoir préparé un si bon repas ce soir", etc...
Attention, la ronde des mercis, ce n'est pas la ronde des "désolée pour" ou des "oui mais". On remercie, personne ne fait de commentaire, pas de jugement. On écoute, on reçoit et on profite !!

J'ai retrouvé ce concept dans un trés beau livre pour enfant écrit par Catherine Dumonteil-Kremer, trés accessible : Agathe et les petits bonheurs.

Je vous propose également la lecture du livre "Calme et attentif comme une grenouille" qui propose des méditations guidées (sur un CD) pour les tout petits jusqu'à très grand. Beaucoup de succès à la maison. Au moment de dormir c'est encore mieux.

Dans un registre différent, le livre de Catherine Dumonteil-Kremer "Jouons ensemble autrement" regorge d'idées de jeu pour se reconnecter à la famille, passer du temps ensemble et jouir des petits moments merveilleux que nous offre la vie.

Et enfin, pour vous adulte, un bouquin que je n'ai pas encore lu, mais qu'il faut absolument que je mette dans ma toread-list, "Bien dans sa cuisine" d'Isabelle Filliozat. Un hymne à la méditation et à la pleine conscience en cuisinant. (Juliane, si tu lis ces lignes, pense à moi :-))



L'impact de ces petits moments est non négligeable. Non seulement à l'instant présent mais pour la vie future de notre progéniture.
Quand un enfant connaît ses émotions, sait les gérer et sait se faire du bien, alors il acquiert une stabilité inébranlable. Il devient solide face aux tempêtes de la vie et profite de ce qui lui est offert.

Il devient acteur de son bonheur, tout simplement.

Et il vit plus longtemps et en meilleure santé ! Nous avons donc tout à gagner à prendre soin de nos petits moments de bonheur et à leur apprendre à faire de même.

Au delà de la personne, favoriser les comportements positifs et le bien-être des hommes, c'est étayer l'humanité, la lier, lui permettre d'évoluer vers des lendemains plus pacifistes et joyeux.

Soit le changement que tu veux voir dans le monde - Gandhi


* Pour mémoire, Christophe André est l'auteur du livre "Imparfaits, libres et heureux" dont je vous ai parlé dans un article précédent